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RETOUR SUR LA VIE DU RÉVÉREND PÈRE JEAN PARNEL LUNDY, UN AMANT DE PESTEL

RETOUR SUR LA VIE DU RÉVÉREND PÈRE JEAN PARNEL LUNDY, UN AMANT DE PESTEL

Il y a cinq mois depuis que Pestel a pleuré le départ pour l'éternité d'un homme à qui elle est grandement redevable: Le Révérend Père Jean Parnel LUNDY. Cet homme, d'une solide formation et d'une grande austérité, décédé le 09 février dernier, était parmi les plus grandes pointures de la diocèse de Jérémie. Il était un travailleur social, un éducateur, et un fervent religieux. De son vivant, il était un rude travailleur, un bon serviteur, un progressiste et un prêtre bâtisseur. Partisan de l'ascétisme, il s'est démarqué de la tendance reformiste dont la racine était le corpus de la théologie de la libération et a opté pour le"religieusement correct". Un tel dévouement était salué par plus d'un dont son excellence Willy Romélus qui l'a présenté comme un bon missionaire qui a accepté de servir l’église avec respect tout au long son parcours de vie. 

À la Paroisse Saint Joseph de Pestel, il a fait parler de lui. Au cours de son ministère pendant douze ans, il a construit des oeuvres qui resteront flottés sur le toit de la communauté. Il a laissé dans la mémoire de certains gens l'image d'un pasteur qui a bien dirigé son troupeau.

Je veux consacrer ces quelques lignes à
sa vie et à son dévouement.

Dès sa tendre jeunesse, Père Parnel a porté Pestel en son cœur. Une telle envie était motivée par de très bonnes performances scolaire de plusieurs jeunes Pestelois à Frères Paulin. En cette époque, la majorité des fils de Pestel fréquentèrent un établissement à Jérémie.

Faire un voyage à Pestel était alors le rêve le plus cher à lui. C'est pourquoi il n'avait pas hésité même pour une minute quand Monseigneur Willy Romélus l'avait choisi en 2007 pour être Curé de Pestel.

Il a raconté qu'il était tellement obsédé par l'envie de connaître cette terre qui a produit ces génies voilà pourquoi il a effectué pendant sa jeunesse une activité pastorale qui l'a conduit à Pestel. Il était très heureux quand il fut débarqué à Pestel ce jour-là. On dirait que c'était un Macédonien au temps de Socrate qui débarqua à Athènes. À rappeler que les principaux jeunes qui flottaient bien haut le drapeau de Pestel dans le ciel de Jérémie étaient Roldy Gilles, Eval Guerrier, Carly Alcegaire, Sénèque Philippe, à un degré moindre Herold Gilles, Dartagnan Lemite. Ils se rivalisaient avec les plus belles têtes de la cité des poètes. 

La nature fait bien les choses! Chaque chose arrive en son temps. Ce qu'il souhaitait pendant qu'il était sur les bancs de l'école fut fait le 07 juillet 2007; il est débarqué à Pestel, zone pour laquelle il a voué son admiration depuis la nuit des temps. J'imagine combien il était débordé de joies quand il débarqué à Pestel. Point besoin de dire combien il était content de déposer ses valises en sa terre de rêve.

Dès son arrivée, il se mettait au travail. Il a effectué plusieurs changements dans le staff professoral de l'école Saint François d'Assise alors sur le point de connaître l'effondrement . Il a fondé troisième cycle fondamental et le secondaire dudit établissement. Il envoya en formation à l'École de Marfranc les enseignants qu'il a recrutés. Il a ajusté le salaire des enseignants grâce à une subvention accordée par la Fondation Saint Luc. Puis il a réhabilité l'ancien bâtiment de l'école Saint François et plus tard il entreprit la construction de trois salles additionnelles ainsi que la clôture. Au fur et à mesure, il entreprit d'autres initiatives. Il y a créé une caisse populaire. Il a mis sur pied des activités pour les jeunes. Il a créé un groupe kiro et une fanfare. Et pour finir, il a réalisé la clôture de l'église et a démarré la construction d'un autre centre paroissial sur les ruines de l'ancien édifice de l'église de la paroisse. 

Très soucieux de l'éducation des enfants, il n'acceptait pas que ses élèves ne viennent pas à l'école même pour une journée de classe. Il ne voulait non plus que l'élève n'ait pas à sa disposition ses matériels scolaires. D'ailleurs il ne renvoyait pas les élèves chez eux pour non paiement de scolarité. 

Il était un ambassadeur pour la commune. Afin de prouver à ses amis que Pestel est une zone paisible, il a pris le malin plaisir de voyager les nuits. Partout où il était passé il n'a pas manqué de claironner haut et fort que Pestel n'est pas une zone de non droit contrairement à ce qui est véhiculé dans la presse de Port-au-Prince.

En bon pasteur, il a prodigué une solide éducation spirituelle, religieuse et morale à ses fidèles. Il passait parfois plus d'une heure de temps à enseigner ses bergers les bonnes préceptes de l'église.

L'homme que j'ai rencontré pour la première fois en 2009 était un dialecticien né. Quand on est en discussion avec lui, on avait besoin de solides arguments si on voulait lui convaincre. Je ne sais pas s'il était disciple de Socrate, mais il avait la capacité de vous porter à vous contredire vous-même. Quand une fille n'est pas capable de se défendre, il l'a traitée de "Egarèz".

Au cours d'interminables entretiens, nous nous entretenions sur l'histoire, la philosophie, la psychologie et d'autres sujets de connaissance. D'ailleurs c'est lui qui m'a révélé que le préposé Vital Saint Louis affecté dans les années 70-80 à la Direction des Impôts de Pestel a failli avoir le même salaire que celui du président de la république tellement le café de Pestel rapportait gros à l'économie du pays. 

Il était certes puritain mais il avait l'esprit d'ouverture. Il n'était pas du tout dérangé si on lui entamait des discussions ayant trait avec certaines dérives de l'église. Je me rappelle avoir entamé avec lui une discussion autour du vodou. C'était beau comme il aimait dire certaines fois.

Le fait qu'il n'a pas voulu avoir le même sort que Paul Surfrin et Enest Le Garrec, deux prêtres chassés de Pestel pour leurs engagements politiques, il se priva alors de parler ouvertement de la politique.Pourtant en son bureau, il n'avait aucun gêne de discuter sur les choses politiques. 

Quoiqu'aimé, il était pourtant mal vu par une frange de la communauté. Car il ne voulait pas offrir le baptême aux enfants des personnes qui n'ont pas une vie religieuse. Il ne chantait non plus les funérailles des personnes qui n'étaient pas leurs fidèles. 

L'homme à qui certaines gens reprochent sa conception austère est né à Jérémie le 7 décembre 1960. Il débuta ses études chez le Jardin des Petits à l’École Catherine Flon dès l’âge de 4 ans (1965-1968). Il fut accueilli à l’École Hortensius Merlet pour ses études primaires jusqu’au Certificat d’Études Primaires (CEP) (1968-1975). Ses études secondaires étaient partagées entre le Lycée François Duvalier, rebaptisé Lycée Nord Alexis de la 6ème 1975 à la Rhéto 1981 et le Collège Jean-Price Mars à Port-au-Prince en 1982 pour la Philo.

Jean Parnel Lundy est entré au Grand Séminaire Notre-Dame d’Haïti immédiatement après avoir réussi son baccalauréat deuxième partie. Il y a fait des études en Philosophie, Sciences Humaines, Droit Canonique et Théologie. Faisant suite à son stage pastoral canonique à la Cathédrale Saint-Louis, sa paroisse d’origine, pour compléter les sept années de formation à l’ordre presbytéral, Mgr Willy Romélus dans l’après midi du dimanche 19 mai 1991 a imposé les mains au diacre Jean Parnel Lundy et à son alter ago Marc-Arthur Jérôme.

Tout jeune, à l’âge de 15 ans, il était responsable des louveteaux au Scout de Jérémie, membre fondateur des Apôtres de Jésus Christ communément appelés AJC, un regroupement de jeunes chrétiens catholiques sous la supervision des responsables de l’église diocésaine qui allaient ça et là proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ et prier avec tous ceux qu’ils rencontraient sur leur passage. Plus tard, on retrouvait Parnel au groupe KIRO Saint Louis avec Garry Pierre-Louis et son frère Antoine Pierre-Louis, pour ne citer que ceux-là.

Après son ordination sacerdotale, Parnel Lundy est nommé Vicaire à la Cathédrale Saint-Louis en 1991 jusqu’à 1993 et Professeur d’enseignement religieux au collèges et au lycée de sa ville natale. En 1993 il est nommé curé à la Paroisse Sainte Maria Gorettie à Chambellan jusqu’à 2007. Là-bas, il a construit l'église de la paroisse et l'école presbytérale. Après cette mission de treize ans à Chambellan, les Pestelois l’accueillaient en 2007 comme l’un des leurs pendant quatorze ans de curé à la Paroisse Saint Joseph.

Haut de taille, un peu svelte il était très sympa, d'un esprit créatif, d'un leadersphip solide et d'un abord convivial. Il a mené humblement sa vie sacerdotale. 

Il s'éteint le 09 février dernier aux Etats-unis des suites d'une complication chirurgicale au niveau de la tête. Ses funérailles ont été chantées à la cathédrale Saint Louis de Jérémie le 10 mars en présence des religieux et religieuses du diocèse.

Pestel peut se targuer d'avoir fait connaissance avec un sage, le Révérend Père Jean Parnel LUNDY, quelqu'un qui a rehaussé l'éclat de la paroisse Saint Joseph. Son nom est inscrit en lettres d'or dans les annales de l'histoire de la paroisse. Bon séjour parmi les morts!

James Saint Germain 

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