Accéder au contenu principal

Intellectuels hier, hâbleurs ou intrigants aujourd'hui, quelle incohérence !

 

Intellectuels hier, hâbleurs ou intrigants aujourd'hui, quelle incohérence ! 

Au jour du jugement, la plume du savant pèsera autant que l’épée du guerrier.” proverbe indien



Pensant qu'il est de bon ton de questionner un système qui peine à offrir de meilleurs résultats. Mais à force de mettre le doigt sur la plaie, toute une autre représentation de l'intellectuel est construite par l'autorité atteinte par une sorte d'effet de Pygmalion. En conséquence, elle construit un discours paranoïaque, ténébreux, fasciste selon lequel les intellectuels sont des hâbleurs ou des coucous incapables de transformer leur communauté par le truchement de leurs stylos. Cet énoncé prend chair tout bonnement dans la lutte constante instaurée dans la société contre le savoir ou l'intelligence constatée par le professeur Lesly François Manigat de regretté mémoire.

Une telle attitude vient justifier davantage la logique laissant croire que l'intellectualisme et la politique ne font pas bon ménage même dans les meilleurs des cas. Ceci est bien typique du comportement d'un Machiavélien qui aspire à diriger par la ruse, la manipulation, et la force. L'ambivalence qui saute aux yeux dans le langage de celui qui tient ce genre d'à propos prouve encore une fois qu'il est de plus en plus une vérité que les politiciens voient les intellectuels de bon œil tant que que ces derniers ne s'attaquent pas à leurs intérêts. Et s'il y a un moment idéal où les intellectuels comptent énormément à leurs yeux c'est justement au moment où ils cherchent à prendre le pouvoir ou s'ils sont dans une dynamique de conservation de leur position privilégiée. À ce moment, ils sont plus que jamais réceptifs à leurs consignes. Ils sont on ne peut plus ange que les anges. Cette tactique est bien évidemment une stratégie de camouflage. Elle est beaucoup plus observée chez ceux qui partagent une vision patrimonialiste de la politique. 

Le discours anti-intellectualisme construit à partir d'une simple réaction contre un système en panne de visions et de résultats traduit une incohérence flagrante chez l'autorité qui vantait autrefois les bienfaits de l'esprit critique, de la connaissance et de la recherche. C'est en tout cas une preuve d'un manquemt de congruence qui habite chez le politicien. 

C'était déjà confirmé dans l'histoire politique que les politiciens comptent essentiellement sur les intellectuels pour faire adhérer le plus grand nombre ou pour influencer l'opinion publique en leur faveur. On remarque qu'il y a toujours une velléité de s'approprier de la connaissance comme un outil de propagande.

Mais lorsqu'on oserait écrire pour dénoncer leur système qui peine à donner de résultats, la pensée critique paraît alors un des plus grands péchés capitaux. À ce moment là, les politiciens cessent d'ange pour se vêtir de leur manteau de bête. Ils sont devenus aussi rapide amnésiques. Ceux qui étaient autrefois pour eux des Dieux sont devenus par conséquent des démons. C'est à ce moment que je comprends que les politiciens ont les faces de Janus. On est bon quand on est de leur côté, et si on n'est pas de leur côté on est mauvais. 

Comme Dan Abnet, tout politicien croit que "le savoir, c'est le pouvoir, le savoir représente parfois un pouvoir trop grand". C'est pourquoi il cherche coûte que coûte à l'asservir. Il paraît que l'esprit critique constitue une flagellation pour la plupart d'hommes politiques à bout d'arguments et en déficit de popularité.

La politique et l'intellectualisme ne sont pas logés au même enseigne. L'une est ténèbre, l'autre est lumière. Ils sont deux domaines séparés, le pouvoir et le savoir. Le premier a sa propre morale, une morale qui tend à cacher la vérité. Sur ce point là, je fais un coup d'oeil à Machiavel qui fait du mensonge une grande vertu (virtú) en politique. Bertrand Vergely paraît assez clair clair quand il affirme que "Quand il (le politicien) parle, c'est pour marquer des points sur ses adversaires afin de gagner les suffrages des citoyens aux élections. Peut-on le lui reprocher? Non." De là, on peut comprendre Quand il dit la vérité, il dit toujours celle qui l'arrange en gommant celle qui le dérange. Tel n'est pas en tout cas le mobile de l'intellectuel. 

Il est une vérité absolue que les intellectuels ne peuvent pas se permettre le luxe de se passer à côté de la vérité. Ainsi, le philosophe Antonio Gramsci fixe la mission de l'intellectuel. C'est-à-dire, pour lui, l’intellectuel doit être quelqu'un qui prend part à la dynamique de l’Histoire par l’engagement au sein de la société. Cet engagement peut être multidimensionnel: associative syndicale et/ou politique. Ce qui sous-tend que la mission de l'intellectuel est avant toute chose la défense de la société et non d'un homme.

Son raisonnement rejoint quelque part, cette pensée d’Albert Einsten :

« le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».

Ainsi l'on comprend que les intellectuels ne peuvent pas se passer de la mission de dire la vérité quand c'est nécessaire. Par conséquent, l'idée répandue selon laquelle les intellectuels ne peuvent pas changer le monde avec leurs plumes importent peu. Tout au contraire, le monde est changé grâce aux stylos des progressistes. La pensée critique inaugurée au siècle des lumières a prouvé que la plume est une des premières armes pour amorcer le changement. Tout vient après. Je ne vante pas pour autant l'idéalisme politique. En fait, l'idée sans le praxis est vaine et le praxis sans une idée préalablement ne peut non plus un parfait idéal.

À tort ou à raison, on doit admettre que l'indépendance est une des premières prédispositions de tout intellectuel. On ne peut pas le sacrifier. Si quelqu'un se réclamant d'un tel titre ne lutte pas pour le conserver, il cesse d'être intellectuel. 

Tout compte fait, le savoir est vecteur de changement. Seuls les politiciens rétrogrades peuvent insulter la pensée critique. Ce serait une erreur si l'on prétendait  qu'on ne peut pas transformer une communauté avec la plume en main. Ce n'est pas parce qu'on se tient à l'écart d'une position politique qu'on est des pseudo intellectuels. La critique se révèle nécessaire pour amorcer de nouveaux changements. 

James Saint Germain 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Vidéo: Pestel: une espèce étrange découverte

 La population de Pestel a découvert, ce 7  mars, dans le fond une espèce d’animal qui leur paraît étrange. Il s’agit d’une espèce rare voire endémique. Selon une source contactée, elle serait atterrie dans la rade en suivant la trajectoire d’un voilier.  Voir vidéo 

Un jeune pressenti comme candidat à la députation

Un nouveau candidat à la députation en lice  Cette semaine, à la surprise générale, un nouveau visage fait soudainement son irruption sur la scène politique et s’apprête à se lancer officiellement dans les prochaines compétitions électorales.   Le jeune entrepreneur et ingénieur Francky Mesmin se dit prêt à se présenter candidat à la députation dans la prochaine compétition électorale pour la circonscription de Pestel.    Le jeune candidat multiplie déjà ses contacts et ses relations sur le terrain afin de rassembler le plus de gens autour de sa candidature.  Francky se dit engagé pour rehausser l’éclat de la commune. 

Décès du Dr Sénèque Philippe

Décès du Dr Sénèque Philippe  Le directeur médical du centre de santé de Pestel, Dr Sénèque Philippe, est décédé ce mercredi 23 mars, des suites d’un cancer. La nouvelle du décès du médecin a été confirmée par ses proches.  Pestel connexion blog présente ses condoléances aux familles Philippe et Belance.