Accéder au contenu principal

Vertières dans notre mémoire collective : un aboutissement final, une ouverture de brèche

 Vertières dans notre mémoire collective : un aboutissement final, une ouverture de brèche


par Leslie F. Manigat

Conférence prononcée sur le site de Vertières le 18 novembre 2004, dans le cadre des activités de la Commission Présidentielle de Commémoration du Bicentenaire de l’indépendance nationale

Une mise en contexte historique
Vertières dans notre mémoire collective : un aboutissement final, une ouverture de brèche


L’histoire bataille a correspondu à une conception et à une pratique de l’étude du passé consistant à exalter les grandes confrontations belliqueuses qui ont fait la renommée des annales de l’humanité. Chaque peuple y inscrit les siennes, surtout quand elles furent victorieuses. Haiti inscrit Vertières dans une lignée mondiale où le destin a enregistré les tournants décisifs de l’évolution historique. Le cycle de l’abolition de l’esclavage des noirs, en effet, qui va se déployer de 1793 (Haiti) à 1888 (Brésil), a marqué son premier accomplissement définitif à Vertières l’ultime bataille de la révolution haitienne qui en assura le jalon pionnier et désormais irréversible chez nous : the « general freedom » comme disait génériquement en 1805 le capitaine du régiment anglais West India Marcus Rainsford en présentant l’acte de la proclamation publique et officielle de l’indépendance haitienne le 29 novembre 1803 à Fort-Liberté..

Mais l’histoire bataille narrative d’autrefois s’est élargie en synthèse évolutive de l’histoire scientifique totale contemporaine et Vertières, pour nous aujourd’hui, n’est plus une bataille quelque héroïque qu’elle fut et quelque légendaire qu’elle soit devenue, Vertières c’est une tranche de vie collective dans la dynamique de l’évolution du réel vécu haitien. Vertières n’est plus ponctuelle à un 18 novembre 1803 événementiel, mais s’étend sur une succession de conjonctures qui ont fait avancer la révolution haitienne de 1791 à 1804 et s’est incorporée dans le contexte des structures que le changement révolutionnaire a brisées, car la rupture qui a culminé à Vertières, mais ne s’est pas faite à Vertières seul, met en cause des décennies avant et surtout après Makandal.

Je voudrais dire Vertières ce matin, non dans la conception de l’histoire-batailles, mais comme aboutissement de la révolution haitienne et comme brèche ouverte par elle sur le futur, en cinq moments, en deux phases, en trois conquêtes et en quatre élargissements postérieurs assurant à travers son devoir internationaliste, ce qu’on peut appeler sans conteste son humanisme universaliste, oui une bataille porteuse et annonciatrice, comme au soleil de Valmy chanté par Goethe, d’un humanisme nouveau.

A.- Cinq moments de la dynamique évolutive de la révolution haitienne

Un regard rétrospectif sur le passé de luttes qui a abouti à la consommation de la révolution haitienne, peut distinguer cinq moments dont Vertières est la culmination

Le moment Zabeth
Le moment Zabeth, esclave marronne irréductible d’une habitation à Montrouis, qu’on fouette et torture après sa première fuite en marronage. On lui coupe une oreille après sa seconde sortie. Elle repart et est reprise : on lui coupe cette fois un bras. Mutilée, elle repart de nouveau une quatrième fois pour se voir couper finalement un jarret. C’est, commente le professeur Charles-André Julien, un cas individuel de refus irréductible de l’esclavage. Zabeth est le prototype féminin des martyrs indomptables de la lutte contre la condition servile. Vertières, plus tard, sortira de là, à l’autre bout de la chaîne historique continue des combattants de la liberté à Saint Domingue victorieuse enfin après trois siècles de résistance. J’ai fait de Zabeth un idéal-type, selon la terminologie de Max Weber. Zabeth, c’est déjà, si je peux et ose ainsi m’exprimer, le fœtus de Vertières.
Le moment Makandal
Puis, c’est le moment Makandal, marron célèbre de 18 ans d’aventures surhumaines pour rester hors du joug de l’esclavage colonial, et qui parvient à la conscience de l’affranchissement général comme objectif au milieu du 18ème siècle, objectif qu’il recherche à travers un complot pour supprimer tous les maîtres par le poison. C’est encore du marronnage, mais arrivé à maturité de l’action collective concertée et clandestine pour un but anti-esclavagiste global. C’est un tournant vers Vertières un demi-siècle plus tard.

Le moment Boukman
Puis, mutation décisive par un saut qualitatif du marronnage qui culmine en insurrection comme le papillon sort de sa chrysalide : c’est le moment Boukman marqué par le soulèvement massif des ateliers d’esclaves. C’est donc la révolte générale sous la direction d’un chef insurgé, catalyseur et entraîneur d’hommes. On fait ainsi un saut en avant vers Vertières manifestement en gestation.

Le moment Toussaint
Puis c’est le moment Toussaint Louverture avec lequel la révolution servile en marche trouve, comme l’écrit judicieusement Aimé Césaire, une « tête politique », et qui forge l’arme de l’indépendance, l’armée indigène, bien qu’aménageant une période intermédiaire de « self-government » pour la colonie, c’est-à-dire l’autonomie. Mais l’expédition française de Leclerc l’oblige à démasquer prématurément son jeu en ordonnant la résistance aux troupes envoyées par Bonaparte, inaugurant ce que l’historien Gérard Laurent appelle justement « la première phase des guerres d’indépendance ».Vertières est alors déjà à une encoignure dans la proximité historique.

Le moment Dessalines
Enfin arrive le moment Dessalines qui fait succéder sa fulgurance à la temporisation louverturienne, et radicalise la révolution pour la faire aboutir, grâce à une guerre de libération nationale dont l’armée indigène sort victorieuse, à une indépendance irréversible, scellée précisément à Vertières, ultime bataille et grande victoire du « moment Dessalines ». Roger Mercier, grand nom capois pour l’éternité, disait emphatiquement : « on n’est pas haitien si on n’est pas Dessalinien ». De Zabeth à Dessalines, Vertières s’est construit par la dynamique évolutive accumulatrice de la révolution haitienne.

B.- Les deux phases des guerres d’indépendance : Vertières couronne la deuxième

La résistance de l’armée indigène de Toussaint s’opposant à l’armée française expéditionnaire de Leclerc, envoyé et beau-frère de Bonaparte, ouvre, en effet, la première phase des guerres d’indépendance. Le premier fait d’armes de cette phase est l’opposition armée du général Christophe, lieutenant de Dessalines au débarquement des forces expéditionnaires au Cap. Cette page d’histoire est contée dans tous les manuels : un véritable morceau d’anthologie. Christophe lance à son adversaire venu d’outre mer : « Si vous avez la force dont vous me menacez, je vous prêterai toute la résistance qui caractérise un général, et si le sort des armes vous est favorable, vous ne rentrerez dans la ville du Cap que lorsqu’elle sera réduite en cendres, et même sur ses cendres, je vous combattrai encore ». On croit entendre la voix des dieux de l’Olympe, personnages d’histoire dans la mythologie grecque. La première phase des guerres d’indépendance venait de commencer. Toussaint en est le héros finalement malheureux. Les anciens affranchis se trouvaient alors dans le camp français qu’ils avaient intégrés en s’incorporant dans l’armée expéditionnaire de Leclerc par hostilité contre Toussaint qui les avait vaincus dans la fameuse guerre du Sud en 1800.

La bataille de la Crête à Pierrot est la grande bataille de cette première phase dont la configuration politico-militaire combinait donc la coalition des blancs et des chefs mulâtres anciens affranchis, illustrée par la participation au siège, du côté des forces expéditionnaires françaises au sein desquels ils étaient revenus, de l’artilleur Pétion contribuant à réduire le fort défendu par Dessalines en personne puis Lamartinière. Le général français Pamphile de Lacroix a rendu hommage à la vaillance des assiégés. « La retraite qu’osa concevoir et exécuter le commandant de la Crête à Pierrot est un fait d’armes remarquable. Nous entourions son poste au nombre de plus de douze mille hommes ; il se sauva, ne perdit pas la moitié de sa garnison, et ne nous laissa que ses morts et ses blessés…Notre perte avait été si considérable qu’elle affligea vivement le capitaine général Leclerc ; Il nous engagea, par politique, à la pallier comme il la palliait lui-même dans ses rapports officiels ». Il y a du pré-Vertières dans la bataille de la Crête à Pierrot !

La deuxième phase des guerres d’indépendance se réalisa sous l’égide d’une configuration politico-militaire différente par suite de l’évolution du rapport des forces dans la colonie de nouveau en guerre : la coalition des forces des anciens affranchis et des anciens esclaves, sous le haut commandant unifié de Dessalines, accepté intelligemment par Pétion, présenté même comme l’instigateur de la nouvelle alliance socio-politique appelée à être victorieuse. A la suite de cette recomposition des forces politiques, sociales et militaires dans la colonie, les anciens affranchis et les anciens esclaves, fait capital, s’unirent ainsi contre le camp français qui s’apprêtait à se défaire d’eux aussi après la déportation de Toussaint au fort de Joux dans le Jura français. « Il faut de ces fautes pour donner naissance aux nations » avouera Beaubrun Ardouin pour expliquer l’union devenue solidaire des noirs et des mulâtres. Vertières, ultime bataille de la guerre de libération nationale haitienne, reste à jamais l’illustration du surhumain et du sublime dans la geste terminale pour l’indépendance nationale. C’est l’apogée du « moment Dessalines ». C’est la combinaison de l’efficacité du blocus naval anglais, du ravitaillement américain assuré, de la chevalerie militaire française retrouvée et de la vaillance haitienne sublimée, avec comme maître d’œuvre un Dessalines stratège inspiré, secondé par le général Capois la mort, tacticien indomptable. Mais les masses ont fait cette histoire par tout ce sang jeune versé. Vertières, c’est la victoire du sacrifice suprême des va-nu-pieds haïtiens tombés au champ d’honneur pour nos donner une patrie.

C.- les trois conquêtes de la révolution haitienne sous le signe de Vertières

Cette révolution haitienne d’indépendance, telle qu’elle s’est réalisée historiquement à son terme belliqueux de Vertières, assurait dorénavant trois conquêtes au peuple haitien issues des trois dimensions de la révolution :

L’abolition de l’esclavage
La révolution des esclaves noirs contre leurs maîtres blancs, produit d’ « une lutte de classes qu prit l’allure
d’une lutte de races » (Pierre Naville) réalisait, par un abolitionnisme « jacobin », l’idéal de la liberté du statut personnel : C’est l’affranchissement pour tous par le moyen de la violence des masses ou guerre sociale-raciale. C’est la conquête majeure au nom de la liberté personnelle, première expérience du cycle en marche de l’abolitionnisme. Sans Vertières, pas de pérennisation de la liberté générale.

une décolonisation pionnière
La révolution d’une colonie contre sa métropole par la victoire militaire sur les forces armées métropolitaines, réalisait ainsi le principe de l’autodétermination et de la souveraineté politique d’état par le moyen d’une lutte de libération ou guerre nationale. C’est la seconde conquête majeure au nom cette fois de l’indépendance nationale, garante de la première. Vertières fut la pierre angulaire dans la fondation créatrice de l’état nouveau.

La réforme agraire
La révolution haitienne a rendu possible l’avènement des cultivateurs des grandes plantations ex-coloniales à la moyenne et à la petite propriété paysannes, par le « partage des terres avec équité » entre tous voulu par Dessalines. Ce fut fait grâce à la destruction du système des plantations et le morcellement des habitations, réalisant ainsi la nationalisation et le transfert de la propriété terrienne par l’expropriation violente des colons ou guerre sociale-économique. C’est la troisième conquête majeure qui a pour nom le partage de la propriété terrienne. Révolution dans la révolution en quelque sorte. La longue lutte pour l’abolition et l´indépendance sont ainsi liées à la question de la propriété de la terre en provoquant un déplacement de cette propriété par la première réforme agraire de la période nationale de l’histoire de l’Amérique Latine et la constitution consécutive, sur la ruine du système des plantations, d’une authentique paysannerie noire de propriétaires vivriers, de récolteurs de café et de coupeur des bois d’exportation. Ici encore Vive Vertières nourricier !

Pendant longtemps cette dimension fondamentale de la révolution abolitionniste et indépendantiste à Saint Domingue Haiti a été sous-estimée dans son rôle central, parce qu’on se laissait prendre et même obnubiler par le caractère étonnant et spectaculaire des conquêtes politiques de la liberté personnelle et de l’indépendance nationale qui éclipsaient pour ainsi dire cette motivation économique dans la perception des historiens. Ainsi, on ne s’était pas assez rendu compte, en dépouillant la documentation, que les esclaves, en se soulevant, avaient comme revendications expressément produites, sans doute la liberté personnelle et l’exigence d’une pression de la conscience indépendantiste greffée sur celle-ci, mais aussi, tout aussi fortement, la volonté impérieuse d’accès à la propriété terrienne, donc la demande du partage

Liberté de la personne à garantir, indépendance du nouvel état à pérenniser, petite propriété paysanne à aménager en vue du bonheur vivrier, telles sont donc les trois conquêtes de la révolution haitienne rendues possibles à et par Vertières.

D.- Les quatre élargissements internationaux de la révolution haitienne

La révolution haitienne propulse la révolution française
On a coutume de dire que la révolution haitienne de 1791-1804 fut la fille émancipée de la révolution française de 1789. Certes, dans une large mesure et dans un certain sens, oui évidemment. Mais ce qu’on ne fait pas ressortir assez, c’est que la révolution haitienne a contribué à faire avancer directement la dynamique évolutive de celle de 1789 sur un point capital : la première abolition générale française de l’esclavage en 1794. Celle-ci est due à l’initiative pionnière de la révolution haitienne sur l’évolution de la révolution française, qui avalisa, sous l’empire d’une nécessité de force majeure, le principe établi dans l’incandescence des hauts fourneaux de la révolution des noirs de Saint Domingue. Voici en quels termes j’ai eu à exprimer ce cadeau constitué par une avancée radicale de la révolution haitienne à la révolution française qui se l’íncorpora avec enthousiasme, mais à posteriori. « Il faut s’arrêter ici pour dire haut et clair que la révolution abolitionniste des noirs de Saint Domingue Haiti, a donné l’occasion et l’inspiration à la grande Révolution Française de 1789, qui avait proclamé dès l’article 1 de la fameuse Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit », mais s’était comme empressée de maintenir l’esclavage des noirs derrière le paravent de la propriété, de réconcilier son dire et son faire, ses principes et ses pratiques, et de sortir ainsi d’une fâcheuse et gênante contradiction entre l’idéal proclamé et des intérêts à sauvegarder. Ce fut un coup de maître, mais aussi un fier et signalé service rendu par les noirs insurgés de Saint Domingue Haiti à la grande Révolution Française des Mirabeau, Lafayette, Danton, Robespierre, Camille Desmoulins et Saint Juste, en la rendant plu conséquente avec elle-même et de portée enfin vraiment plus universelle ». Ce n’est pas par hasard que des anciens « Montagnards » de la révolution française vaincus par le reflux de cette révolution, se soient réfugiés en Haiti pour vivre libres et considérés, et y finir leurs jours tels Billaud Varennes et la famille de Camille Desmoulins.

Le devoir internationaliste de la révolution haitienne : la libération de l’Amérique latine
Ce fut, hors d’Europe, la première expérience révolutionnaire à se rendre compte de la nécessité d’une solidarité anticolonialiste contre la domination et l’exploitation des grandes puissances et à poser spécifiquement le problème d’un sanctuaire et d’un centre de solidarité active pour aider les révolutions émancipatrices. En ce qui concerne la future Amérique Latine, Dessalines, le Fondateur de l indépendance haitienne, reçut, réconforta, conseilla et aida Miranda, le précurseur de ‘l’indépendance latino-américaine, qui vint en Haiti en 1805 et créa le premier drapeau des indépendantistes en rade de Jacmel. Dix ans plus tard, Pétion, alors président d’Haiti, non seulement accueillit le libertador Simon Bolivar à deux reprises, mais ouvertement l’installa sur une des plus belles habitations de l’Etat pour l’aider à récupérer et à réorganiser ses troupes, lui permit de recruter des hommes et de s’approvisionner en armes et munitions des arsenaux de la république et lui fournit des fonds pour l’ultime expédition cette fois victorieuse (1816) du Libertador reconnaissant. Cette aide haitienne, octroyée par le président Pétion et reconnue décisive par Bolivar lui-même, est un chapitre bien connu de la solidarité latino-américaine qu’elle a ainsi inaugurée. Haiti, berceau du panaméricanisme. Vertières, au préalable, était passé par-là.

L’ouverture généreusement solidaire à l’Afrique Asie
Une des plus belles conceptions de la révolution haitienne dans l’expression de son ouverture généreuse au monde afro-asiatique est inscrite dans la constitution haitienne de 1816, en son article 44 : « Tout africain, indien et ceux issus de leur sang nés dans les colonies ou en pays étrangers qui viendraient résider dans la République, seront reconnus Haïtiens ». Par cet article étonnant mais naturel dans l’esprit public post-révolutionnaire haitien d’alors, qui ajoutait le sang indien au sang africain, la nouvelle Haiti opposait la solidarité de son ethno-nationalisme à la condition ethno-colonialiste d’alors. Un nouveau jus sanguinis était né. Ainsi les citoyens noirs et mulâtres de la première nation nouvelle de couleur ouvraient et offraient leur pays pour être « une patrie tricontinentale ». Madiou, interprétant l’esprit du temps, est clair à inclure dans la définition du mot issu du sang indien non seulement l’amérindien historiquement d’origine asiatique, mais aussi le non-blanc, l’homme à peau sombre des Indes mêmes, c’est-à-dire l’Asiatique. En effet, quand notre grand historien explique l’article 44, il dit à propos de sang indien qu’il s’agissait (je cite) : « des indiens des deux Amériques ainsi que des Indes orientales »

Dans le même esprit d’un élan altruiste de solidarité pour nos frères de race venu des origines historiques de la révolution haitienne, Haiti s’est illustrée au 20ème siècle en défendant l’Abyssinie (comme on appelait alors l’Ethiopie du Négus) agressée par l’Italie fasciste de Mussolini, ainsi que le fit le délégué haitien à la SDN (le colonel Alfred Nemours), en lançant aux Grandes Puissances l’avertissement prophétique fameux : « Craignez d’être un jour l’Ethiopie de quelqu’un ». La même inspiration venue des profondeurs historiques de la révolution haitienne d’indépendance a marqué les efforts victorieux d’Haiti dans l’entreprise exaltante de la décolonisation des peuples africains et asiatiques au palais de verre des Nations Unies. Non seulement le nom d’Haiti est inscrit en bonne place dans les registres de cette histoire de la décolonisation, mais les noms et les voix ainsi que l’ombre de grands haïtiens hantent encore les corridors et salles de travail de l’Organisation mondiale.

L’humanisme universalisant de la révolution haitienne
Alors qu’une perception raciste a fait pendant longtemps donner un sens étroit à l’horizon de la révolution haitienne comme si elle exprimait originellement la haine du blanc en tant que tel, la vérité est qu’elle charriait un anticolonialisme alors anti-français parce que les colons étaient des blancs de nationalité française. Mais ce n’était pas du racisme aveugle car les blancs de la légion polonaise envoyés à la colonie par l’expédition de Bonaparte sont restés au pays en bonnes relations de sympathie avec Haiti et s’y sont adaptés en « noirs haïtiens » en dépit de la couleur de leur peau. De même, dans les années 1820s, prendre fait et cause pour la Grèce et manifester politiquement et matériellement la solidarité officielle haitienne avec la lutte héroïque des Grecs pour leur liberté et leur indépendance, relève également d’une conception on ne peut plus large. L’haïtianisme d’alors était devenu un véritable et authentique humanisme. Et c’est par-là que la révolution haitienne atteint à l’universalisme.

Ce Vertières historique que nous commémorons en ce jour du 18 novembre et qu’au nom de la Commission du bicentenaire de notre indépendance j’ai situé dans son contexte historique d’hier, son visage d’aujourd’hui et son devenir de demain, est l’histoire de nos souffrances, de nos sacrifices, de nos victoires, de nos malheurs, de nos aspirations et de la projection de nos chances de rédemption en sortant de la déchéance actuelle, comme Capois la mort à la butte Charrier. Mais les Vertières de demain se compteront en avancées sur la route du développement durable. 
L. F. M.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Vidéo: Pestel: une espèce étrange découverte

 La population de Pestel a découvert, ce 7  mars, dans le fond une espèce d’animal qui leur paraît étrange. Il s’agit d’une espèce rare voire endémique. Selon une source contactée, elle serait atterrie dans la rade en suivant la trajectoire d’un voilier.  Voir vidéo 

Un jeune pressenti comme candidat à la députation

Un nouveau candidat à la députation en lice  Cette semaine, à la surprise générale, un nouveau visage fait soudainement son irruption sur la scène politique et s’apprête à se lancer officiellement dans les prochaines compétitions électorales.   Le jeune entrepreneur et ingénieur Francky Mesmin se dit prêt à se présenter candidat à la députation dans la prochaine compétition électorale pour la circonscription de Pestel.    Le jeune candidat multiplie déjà ses contacts et ses relations sur le terrain afin de rassembler le plus de gens autour de sa candidature.  Francky se dit engagé pour rehausser l’éclat de la commune. 

Décès du Dr Sénèque Philippe

Décès du Dr Sénèque Philippe  Le directeur médical du centre de santé de Pestel, Dr Sénèque Philippe, est décédé ce mercredi 23 mars, des suites d’un cancer. La nouvelle du décès du médecin a été confirmée par ses proches.  Pestel connexion blog présente ses condoléances aux familles Philippe et Belance.