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Djems Olivier a soutenu sa thèse de doctorat

 Le sociologue Djems Olivier dont son origine est retracée à Pestel a soutenu sa thèse de doctorat sur les territoires de la violence à Port-au-Prince. 



Inscrit en thèse de doctorat en 2015 au sein du laboratoire de recherche LADYSS ( Laboratoire Dynamiques Sociales et recomposition des Espaces) de l’université Paris VIII – Vincennes , le Doctorant Djems OLIVIER a publiquement soutenu et présenté son travail de recherche intitulé « Territoires de la violence, territoires des ONG : Quelle (in) cohérence ? » par visioconférence le 27 novembre 2020 sous la direction de Bezunesh TAMRU et de Mark SCHULLER ( Co-Direction, Northern illinois University).

Le jeune chercheur questionne un sujet d’actualité qui est la cohabitation improbable des structures gouvernementales ou non gouvernementales dans des quartiers difficiles ou zones de violence, qu’il a lui-même  appelé « territoires de la violence ». Interrogé sur l’aspect historique de ce phénomène, Dr. Djems Olivier nous répondu ainsi :  «  Après la chute du président Jean-Bertrand Aristide, en février 2004, des quartiers pauvres de la capitale haïtienne sont entrés dans une phase de violences extrêmes caractérisées par des enlèvements en série, des exécutions sommaires et des décapitations de policiers ou de simples citoyens… »

Face à ce phénomène, plusieurs acteurs internes et externes  interviennent en Haïti afin de restaurer un climat de paix et d’accompagner le gouvernement dans la réalisation de nouvelles élections. Parmi eux figurent des agences internationales d’aide au développement et des organisations non gouvernementales (ONG) dotées d’expériences en matière de gestion et de résolution des conflits. Nous avons l’impression que l’histoire se répète dans le travail de recherche du Sociologue du Développement car nous sommes plus en 2004 mais en 2020, plus d’une quinzaine d’années  après.

Cette thèse défendue avec rigueur, s’est inscrite dans le champ disciplinaire de la Géographie, et explore les processus ayant permis aux ONG d’évoluer dans des quartiers contrôlés par des groupes armés a affirmé le Dr Olivier. L’objectif principal, selon lui,  est de questionner l’émergence même de ces territoires de la violence, en y interrogeant plus particulièrement les modalités de cohabitation entre acteurs de la société civile, en particulier les ONG, et groupes sociaux considérés comme déviants. Dans ces territoires où la population fait face à un ensemble de difficultés socioéconomiques, se développent des formes classiques de solidarité et de lien social. Mais on assiste aussi à l’émergence de nouveaux réseaux de solidarité tentant de réorganiser la vie sociale afin de s’imposer en tant qu’autorités de substitution, a avancé le nouveau Docteur en Géographie.

Cette recherche est théoriquement, épistémologiquement et méthodologiquement en lien avec  l’École de Chicago, étudiant la violence dans sa dimension spatiale. Les concepts de bidonville, quartier précaire, violence, territoires de la violence, sont ainsi explorés. Par ailleurs, le concept d’archipellisation a été mobilisé pour expliquer le morcellement des quartiers précaires de Port-au-Prince tant par l’action des ONG que par la multiplication des gangs armés qui s’imposent comme de nouvelles autorités locales, a expliqué Djems Olivier.

Le Dr. Olivier a expliqué que cette étude considère trois secteurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince reconnus par les autorités comme des « zones de non-droit », c’est-à-dire des quartiers contrôlés par des groupes armés. Les quartiers de Grand-Ravine et de Simon-Pelé ainsi que la commune de Cité Soleil sont considérés comme terrain de recherche et envisagés comme un regroupement de quartiers. La période d’étude retenue est comprise entre 2004 – année de l’effondrement du régime de Jean-Bertrand Aristide – jusqu’à nos jours, a précisé le spécialiste en développement.

Pour conclure, cette thèse, selon le Dr. Djems Olivier, démontre la collusion autour d’intérêts communs des logiques politiques, économiques et criminelles. Le service des gangs armés est mobilisable pour conserver le pouvoir politique lors des consultations électorales. Les agents économiques font appel aux services des gangs armés pour défendre leurs intérêts ou sécuriser leurs entreprises. Les groupes impliqués dans la criminalité organisée (trafic de drogues et d’armes à feu, etc.) développent ainsi des rapports privilégiés avec des acteurs politiques et des personnalités économiques les mettant à l’abri de toute poursuite judiciaire. Ces interférences entre des logiques politiques, économiques et criminelles contribuent à l’affaiblissement de l’État et compliquent davantage le travail des ONG dans les quartiers sensibles.

Dans cette perspective, le contrôle des territoires devient un enjeu important dans le cadre de ces négociations ; celui-ci contribue à une certaine archipellisation de l’action des ONG dans ces quartiers perçus comme des « zones de non-droit ». La violence constitue donc une réponse à l’exclusion sociale, un phénomène qui découle de la frustration des individus, a conclu le jeune docteur.

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