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Quand revivons-nous une autre édition de la fête de la mer?

Quand revivons-nous une autre édition de la fête de la mer?


La dernière édition de la fête de la mer a hanté l'esprit de nombreux Pestelois, à telle enseigne pas mal n'ont cessé de poser cette question à quand une autre édition? Les beaux souvenirs sont toujours bons de rappeler. Ce texte du poète Patrick Erwin Michel que je reproduis ici vous fait revivre comment s'est passé en 2019? Comment cette fête pourrait-elle être le moteur du développement de la communauté pestéloise ?

Les habitants de Pestel ont réalisé, le jeudi 18 au dimanche 21 avril 2019, la 32e édition du festival de la mer. Ce fut l’occasion pour tous les Pestelois de se réunir et aussi pour des touristes venant de toute part de découvrir une autre face d’Haïti. Organisée par le Comité des jeunes pour l’embellissement et le Progrès de Pestel (COJEPP), de concert avec le bureau du député Ronald Étienne, la fête de la mer a accueilli sur sa scène Bookman Eksperyans, Akoustik, Erol Josué, Princess Eud, Ded Kra-z et tant d’autres artistes. 


« Il s’agit du plus grand festival du département de Grand- Anse », lance un Pestelois qui s’amuse sur les notes enthousiastes de Princess Eud et Ded Kra-z, lors de la première soirée du festival. Plusieurs centaines de personnes sont assemblées devant l’estrade, tandis que d’autres suivent depuis les balcons de la ville. Des titres choisis avec soin sur les albums « Eudomination » et « Sa w wè » permettent aux deux artistes de conquérir le public. À quelques secondes de l’estrade, la mer renvoie l’éclat de la lune sur le rivage rempli de marchandes. Des stades, des tentes ainsi que des affiches participent au décor du spectacle. 

Après s’être divertis pendant toute la soirée, les Pestelois commencent à rentrer chez eux et les touristes dans leur maison d’accueil. Il est 1 heure du matin. Pour Nathalie Laroche, responsable d’Haïti Roots, le point fort du festival est l’initiative des maisons d’hôte. « Chaque propriétaire disposant d’une maison à l’intérieur ou à proximité de la ville peut gagner de l’argent en hébergeant chez lui un touriste. Ce marché se fait dans le cadre d’un contrat », explique Nathalie Laroche qui rappelle qu’Haïti Roots est une agence de voyage haïtienne qui a emmené plus d’une cinquantaine de touristes au festival. Grâce à cette disposition, les propriétaires des maisons d’accueil gagnent 1500 gourdes par jour et par personne. 

Dans la matinée, les touristes profitent des excursions pour découvrir des sites tels que : Anse blanche, Source salée, la grotte de Bellony, le Fort réfléchi, Grand gosier et Anse-à-trésor. « Ces sorties sont faites soit en chaloupe, en voilier, en bwa fouye ou à cheval », informe James St-Germain, coordonnateur de COJEPP, l’organisation communautaire de base chargée d’organiser la fête de la mer de concert avec le bureau du député Ronald Étienne. Selon, James St- Germain, le festival est une réussite grâce au support des secteurs privé et public. Il profite, entre autres, de l’occasion pour remercier certains organismes étatiques pour leur collaboration tels que : le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et le ministère du Tourisme. 

La deuxième soirée du festival est marquée par le passage enflammé d’Akoustik. Les différentes interprétations et compositions reggae du groupe ne laissent point le public indifférent. Fanny Van Guht, touriste belge rentrée en Haïti depuis quelque mois seulement, se dit satisfaite du déroulement des activités. « Il s’agit d’une fête très colorée, animée et familiale. C’est aussi intéressant de voir ce beau mélange de cultures et de nationalités tous réunies pour faire la fête », exclame Fanny. 

Les Pestelois gardent leur motivation même au dernier jour du festival. Tout en continuant leurs activités, les fans y compris les marchands attendent impatiemment la performance de Bookman Eksperyans. Il faudra encore attendre pendant 9 heures. Entre temps, Géraldine trime devant sa galerie. Elle fait incessamment le tour de ces deux tables remplies de fritures afin de desservir ses nombreux clients. Depuis plus de 10 ans, Géraldine vend de la nourriture et des boissons gazeuses. Questionnée sur le déroulement des activités, elle ne cache pas sa satisfaction quant à cette édition du festival. « Grâce à la fête de la mer, les commerces sont plus rentables. Moi par exemple, j’arrive à gagner entre 10 000 et 15 000 gourdes par jour », confie Géraldine en rendant de la monnaie à une cliente. 

Le député Ronald Étienne partage l’avis de Géraldine en soutenant que les quatre jours de fête ont été très bénéfiques pour les Pestelois. « Les retombées économiques sont importantes surtout pour ceux qui travaillent dans la restauration », déclare le député. « Mais ce que nous recherchons par-dessus tout, c’est de créer d’autres évènements à Pestel afin de développer un tourisme à la fois local et international », ajoute-t-il. 

Bernard Erline, une habitante de Pestel, admet aussi la réussite de cette édition du festival. Néanmoins, elle déplore le fait qu’en termes d’entrées économiques, elle ne bénéficie rien de la fête. Je ne gagne rien, puisque je ne vends rien. Je ne fais qu’assister passivement au déroulement du festival. En plus, j’avais peur de faire des prêts pour mon commerce et ne pas pouvoir rembourser l’argent », se plaint Erline. À ce sujet, d’autres habitants proposent que le comité octroie des prêts lors des prochaines éditions du festival afin de permettre à tout le monde d’en bénéficier. James St-Germain, lui, croit qu’il ne revient pas au COJEPP de faire des prêts, dans la mesure où le comité n’est pas une caisse populaire. « Néanmoins, nous lançons un appel aux caisses populaires et aux banques pour faire des prêts à la population dans les périodes festives », explique-t-il. 

Pour la réalisation de la 32e édition de la fête de la mer, le COJEPP espère encaisser un montant d’un million deux cent cinquante mille gourdes (1 250 000), informe James St-Germain qui dit ne pas encore connaître le montant qu’ont bénéficié les autres structures, telles que Haïti Roots. Pour l’instant, les dépenses du comité ont été réalisées à partir de crédits. « Nous avions un budget de 14 millions de gourdes. Si on avait entré cette somme, on aurait une fête plus somptueuse », se plaint le coordonnateur de COJEPP. 

Origine de la fête de la mer 

La fête de la mer est une véritable histoire d’amour, à en croire le député Ronald Étienne. Les premières éditions de la fête qui remontent aux années 80 ont été organisées par deux Français amoureux de la commune. Ainsi, toute la presse internationale s’est mise à parler de Pestel. Ce qui devait contribuer à mettre la zone sur la carte touristique mondiale. Malheureusement, avec les troubles socio-politiques des années 90, l’organisation de la fête de la mer s’est interrompue. « Des années après, la population Pesteloise réfléchissait sur la date à choisir pour reprendre le festival. C’est dans cette perspective que lors de mon premier mandat comme député, j’ai pris l’initiative, de concert avec M. Jean Claude Fignolé pour relancer la fête de la mer », informe le député. La fête a ainsi été réalisée, mais ce ne fut pas immédiatement un succès. « Lors de ma réélection dans la 50e législature, COJEPP m’a réitéré l’idée de relancer la fête de la mer. C’est ainsi que le festival est devenu un vrai succès », déclare Ronald Étienne sous un ton satisfait. 

Selon James St Germain, ce qui attire les touristes à Pestel, c’est surtout la verdure des champs. Pourtant, on constate graduellement une dégradation environnementale. « En dépit d’un décret pris récemment par Jovenel Moïse pour faire de Pestel, Baradère, Grand Boucan et Corail des aires protégées, aucune action concrète n’a été prise jusqu’ici. Si rien n’est fait, on perdra notre verdure et les touristes ne viendront plus », alerte James St-Germain. Le député Ronald Étienne, pour sa part, admet que des dispositions légales sont nécessaires pour protéger l’environnement et promouvoir l’écotourisme. « À ce niveau, il s’agit surtout d’un manque de volonté politique », regrette-t-il. 

Si le coordonnateur de COJEPP est fier des résultats du comité, il estime que des améliorations doivent être apportées. « Contrairement à l’année dernière, peu de gens de la diaspora haïtienne ont participé, c’est peut-être l’un des points faibles du festival », avoue James St-Germain. « Notre objectif ne consiste pas uniquement à faire danser les gens, mais surtout à créer une situation économique satisfaisante pour tous les Pestelois », a conclu le député Ronald Étienne après un bilan positif du festival. 

Patrick Erwin Michel

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