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Le lycée national de Pestel, un patrimoine qui traîne derrière lui une histoire ponctuée de difficultés

 Le lycée national de Pestel, un patrimoine qui traîne derrière lui une histoire ponctuée de difficultés 



Derrière chaque patrimoine qui existe se cache une histoire; tel est le cas du lycée national de Pestel. Ses premières bases sont jetées en octobre 1984, date au cours de laquelle les frères Gilles ont fondé un collège dénommé « Collège Villevaleix François ». Ce collège avait ouvert ses portes six (6) ans après que le pasteur Adventiste Daniel Ménard ait créé  en 1978 le premier établissement scolaire  secondaire de la commune qui malheureusement n'a pas fait long feu. Il était appelé ainsi par reconnaissance à un Coraillais qui contribua à la formation de Louis Ney Gilles lorsqu'il était en classe primaire à Corail. 

Les Frères Gilles avaient pris l'initiative d'ouvrir cet établissement secondaire  pour avoir eu en mémoire quelques de leurs condisciples qui n'ont pas terminé leurs études par faute de moyens de se rendre à Port-au-prince ou à Jérémie. Une telle motivation leur a conduit à mobiliser pas mal de ressources au sein de leur famille pour aboutir à la mise en place de ce projet tant caressé. 

Jusqu'à une bonne partie du 20ème siècle il n'y avait que les enfants des familles notables qui fréquentèrent l’école. Eux seuls étaient en mesure d’aller à Port-au-Prince pour accéder aux écoles congréganistes (Petit Séminaire St. Martial, St. Louis Conzague) et un peu plus tard le lycée Pétion. Car il a fallu, en cette époque, beaucoup d’argent pour assurer la formation d’un jeune; de l’argent pour le transport, de l’argent pour payer la scolarité, et surtout de l’argent pour le paiement de la pension.

Les parents qui avaient leurs fils à Camp-Perrin étaient obligés de prendre assez souvent la route à pied ou à dos d’âne ou de mulet quand ils allaient leur apporter de provisions puisqu’ il n’y existait pas encore de transport public. Et ceux qui avaient leurs enfants à Jérémie utilisaient en grande partie la voie maritime. Il arrivait parfois qu’il y ait des naufrages qui s’étaient soldés par des pertes en vies humaines. Quant à ceux qui avaient leurs enfants à Port-au-Prince, le voyage les mena d’abord à Z’Étroits puis à Petit Trou des Nippes pour s’embarquer ensuite à Port-au-Prince. 

Dès sa création, le collège fonctionnait dans le local qui allait recevoir plus tard la bibliothèque de la commune qui est alors une propriété du feu Alphonse Gilles. Dans sa première cohorte de professeurs, on souligne la présence de Hérold Lesperance, Louis Ney Gilles, Jean Latendresse, Mauger Sanon, Lesly Vincent, Claude Gilles, Gesner Leroy Romain, Patrick Gilles, D'artagnan Lemite, Aïnel Alcégaire parti entre 90 et 91 et un peu plus tard Ronald Étienne.

Ce n'est qu'après où le lycée allait se loger dans son nouveau bâtiment suite à une démarche de l'ex député Yoland Gilles auprès de la USAID. Ce fut grâce à la relation qu'il a développé avec sa collègue Marie Denise Fleurant alors député de la circonscription de Pilate que son projet déposé à la USAID était agréé étant cette dernière qui fut une proche du directeur d'alors de ladite institution, lui a servi d'intermédiaire dans cette affaire. Pour la construction du local du lycée, Yoland a reçu une cargaison de matériaux de la USAID estimée à 56 000 gourdes. En plus de cela, Louis Ney Gilles a entrepris une démarche auprès de Henry Namphy qui lui a fait un don de 50 000 gourdes qui sera destiné à renflouer le fonds de sa construction. C'est grâce à tout cela que l'ouvrage était possible en 1988.

Plus tard quand Louis Ney Gilles est sorti Sénateur dans les élections législatives contestées de Marc Bazin en 1992, ce dernier a profité de sa position pour élever le collège Vilvaleix François au rang de lycée. C'était le 27 avril où l'État haïtien l'a reconnu officiellement comme patrimoine public. Dans la galerie de la construction des lycées dans le département de la Grand'Anse, il est figuré en 3ème position après le lycée Nord Alexis et celui des Jeunes filles. 

Sa première dénomination était lycée Louis Delorme Gilles. Ce nom sera contesté par certaines personnes qui voyaient de mauvais œil cette appellation. C'est ainsi qu'il est rebaptisé en 1996 lycée national de Pestel.

Dans une lettre en date du 27 juillet 1992 adressée par son directeur Louis Ney Gilles aux membres de sa famille dans laquelle il leur sollicita de l'aide, peut-on lire que : " l'État prend l'école en charge et s'engage, pour cette année, à payer cinq (5) professeurs, une secrétaire, un gardien et un directeur."

Ces professeurs étaient Sorel Étienne (Jérémien), Guy Trésil (Jérémien), Pierre Michel Dutreil (Beaumontois), Durantown Pierre (Jean Rabel), Clotaire Bien Aimé nommé plus tard titre de censeur, le directeur Hérold Gilles, la secrétaire Marie Thérèse Gilles, le gardien Joseph Noël. Les non-Pestelois (Sorel Étienne, Guy Trésil, Pierre Michel Dutreil, Durantown Pierre) étaient nommés en remplacement des natifs de Pestel qui étaient partis pour la plupart en Martinique question d'aller décrocher un diplôme universitaire. L'année suivante, le staff sera renforcé par la présence de Martial Philippe qui lui-même n'a pas pris du temps pour abandonner son poste.

Après le départ de ces non-Pestelois en 1995, le staff professoral sera alors composé de Jumithe Alcégaire, Erguens Bazile, Ronald Étienne, Rodini Bélizaire, et Admy Bélizaire ( resté en poste jusqu'après 2010). Deux ans plus tard, l'on allait assister à leur départ. À cause de cela, l'existence de cette institution paraît menacée, mais grâce à des noms comme Monès Alcégaire, Danilo Maurice, Lesly Douzable, Linive Petit-frère elle allait rester en vie. Ils étaient là à titre de bénévoles.

Ce fut en 1996 où le lycée a pris énormément sa vitesse de croisière en dépit de la maladie de son directeur Hérold Gilles. 

En 1998, alors que son premier Directeur Hérold Gilles est décédé des suites de cécité, Roldy Gilles a rejoint le staff. Ensuite, à partir de 2000 il sera renforcé par la présence de Pierre Emmanuel Bazile, Herlyn Bernard, Michelet Bernard, Yves Bouilly puis en 2002 par son actuel directeur Phenicq Bien Aimé. À l'exception de ce dernier, ils ont abandonné au cours de route pour diverses raisons. Vers 2008, des noms tels que Anel Jean Gilles, Fritz Gérald Thomas, Dr Sénèque Philippe font leur arrivée.

Pendant tous ces temps, le lycée était privé des classes de 3ème secondaire (cesse de fonctionner en 1996), seconde, rhétorique, et la philo. Dans la lettre où il est fait mention plus haut, nous lisons aussi que ;" l'institution travaille de 1986 à juin 1992 jusqu'à la quatrième secondaire." Ainsi la troisième secondaire était envisagée selon le contenu de cette correspondance et d'ailleurs c'est pour cette raison qu'il a sollicité d'aide auprès de quelques membres de sa famille.

Ce n'est qu'en 2013 qu'il allait recevoir toutes ses classes manquantes. C'est en cette période là où James Saint Germain, Evens Antoine, Amost Saint Louis, René Tham, jean Fred Lesperance, Fedouit Saint Louis complètent le staff. Les dernières arrivées sont alors Ricardo Douzable, Emmanuel Bernard, Jean Reynold Bellance, Fransnel Victor, jean Roudly François.

C'est depuis lors que le lycée a un fonctionnement plus ou moins normal en dépit de quelques difficultés signalées par le staff dirigeant.

James St GERMAIN @Tous droits réservés 






Commentaires

  1. Bonsoir James St Germain !
    Je me rappelle que les années académiques 1992/1993; la classe de troisième fonctionnait normalement ainsi que 1993/1994; avec la promotion St Louis RENOIS,Anéus Jean Austrème,Manuel Jacques, Sylvie Étienne, pour ne citer que ceux-là. Avec les professeurs : Durand Town Peter,Luc Sorel Étienne et Guy Merlet Trézil; venant de Jérémie. Je reste croire que ma mémoire ne m'a pas trahi.

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  2. Dieu-Seul RENOIS ; pour le commentaire.

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  3. C'est dit dans le texte, je dis cette salle allait cesser d'exister en 1997.

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