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Corail et Pestel, deux communes voisines mais avec aspiration différente

Corail et Pestel, deux communes voisines mais avec aspiration différente

À la question «pourquoi le nom de Pestel résonnait beaucoup plus que celui de Corail», j’ai hésité à répondre pour éviter toute idée de polémique. Préoccupé, je tenais à produire une réflexion aussi profonde que possible pouvant aider à explorer les raisons. C’est ainsi que je porte mon regard sur leur commune histoire, leur vision de communauté et sur leurs potentialités. 


D’entrée de jeu, je dois vous dire que Pestel et Corail sont deux communes d’une vocation éco-touristique qui se partagent la baie des Cayemittes dont leur fondation est remontée à l’époque coloniale; la première vers 1756, l’autre vers 1670. Les deux ont soutenu le mouvement des Planteurs blancs de la Grand’Anse au détriment des Hommes de couleur, le mouvement révolutionnaire de Jean Baptiste Perrier dit Goman opérant dans la Grand’Anse de 1807 à 1820 contre le système imposé par le président Alexandre Sabès Pétion en 1806, de la révolte des hommes de l’habitation de Praslin aboutissant au départ du  président Jean Pierre Boyer sur le pouvoir en 1843 mais avec un degré moindre pour Corail, la lutte de Jean Pierre Boyer Bazelais contre Lysius Jeune Salomon (1883). Parlant de cette insurrection armée contre ce dernier dans la Grand’Anse, Pestel céda à cause de la reddition de Corail contre les assauts de l’armée. Pour une telle cause, Pestel fut bombardée par la troupe gouvernementale envoyée. Ce n’est qu’après ce mouvement que le nom de Corail est disparu dans les archives des luttes de résistance nationale. Pestel allait poursuivre seule sa course. Pestel s’est mise debout contre Nord Alexis, voire pendant l’occupation américaine. Jean Charles Dubrencourt et Fernand Bernard étaient les deux figures de proue du bras armé dirigé contre les occupants. 


À l’exception de Pierre Tardieu qui a défié Ney Delorme Gilles dans les élections législatives de 1946 grâce à ses relations avec Dumarsais Estimé et à ses liens avec les Chéron,  Pestel a toujours eu raison sur Corail dans la course pour occuper le siège de la circonscription alors regroupée toutes les communes de l’arrondissement. C’était dans les années avant 1988, date au cours de laquelle Pestel et Beaumont  ont formé une circonscription unique. Louis Delorme Gilles (1884-1973) a battu Édouard Antonin  Tardieu (1917-2901) dans les élections législatives de 1932. En 1935, il est élu sénateur du Sud. Sa présence au sénat de la république était bien vue par toute la Grand’Anse  au point que les Jérémiens voulaient le voir à nouveau à l’œuvre. 


La renommée de Louis Delorme Gilles comme homme intègre valait de l’or pour sa commune. 


Ney Delorme Gilles, le jeune frère, était aussi une figure qui a porté la république à avoir sur Pestel pour avoir occupé de 1950 à 1956 un siège au sénat. Jean Charles Léonce, ministre sous le gouvernement collégial de 1956 et sous le pouvoir très éphémère de Daniel Fignolé est un autre nom à signaler. 


La bataille en faveur de la justice sociale initiée de 1946 à 1956 par Daniel Fignolé (1913-1987), un fils de Pestel, était on ne peut plus un tournant décisif pour sa ville natale. Grâce à son engagement et à son accession à la présidence en 1957, Pestel s’est hissée au sommet. Depuis lors, elle défraie la chronique. 


À partir de l’an 2000, les différentes batailles menées par Guy Philippe (ancien Directeur departmental de la Police dans le Nord et secrétaire général du parti Front pour la Reconstruction Nationale) à la suite d’un malaise entre le président Jean Bertrand Aristide et lui sur une question de principe contre le régime Lavalas ont encore porté Pestel sur les premières pages des journaux. 


L’ex député Rolphe Papillon, d’origine pestéloise, né sur le sol de Corail, a profité de son siège à la 50ème législature pour hisser au Corail plus qu’auparavant. Ses interventions à la Chambre, dans la presse comptaient beaucoup. C’est peut-être l’homme politique né sur le sol de Corail qui a eu tout cette aura. On pouvait aussi parler de Ronald Victor parvenu à la vice présidence de la chambre des députés pendant la 49ème, mais pas au même stade de son successeur. Ces deux n’ont  pourtant une aura ni d’un Guy Philippe ni d’un Daniel Fignolé sur la scène politique nationale. 


Pestel, par sa vocation de lutte de résistance, a fait beaucoup d’échos.  Bien vue, mal vue, son nom parcourt toute la planète. 


Tandis que Pestel poursuit sa marche dans ses mouvements politiques, Corail aspire à l’épanouissement littéraire. Il a vu naître de grands noms qui n’ont pas manqué de faire parler d’eux. On peut citer  Édouard Antonin Tardieu (1913-2001), René Bélance (1915-20004), Claude Pierre (1941-2017), Evains Wèches, Roger Edmond, auteur d’un roman titré «les enfants de la terre brûlée »  et bien d’autres encore. Ils sont de véritables ambassadeurs pour Corail. 


Pestel n’a pas accouché certes des personnes qui ont fait une réputation dans le monde littéraire, cependant elle pouvait compter sur Jean Claude Fignolé né à Jérémie ( 1941-2017) de mère Abricotine et de père Pestelois, de Clotaire Saint Natus né à l’Anse d’Hainault,  deux écrivains revendiquant leurs  origines pesteloises. Ils sont pour Pestel de véritables ambassadeurs, de même que René Bélance, aussi de parenté pesteloise. 


À défaut d’eux, Pestel peut se contenter sur les  productions littéraires de Daniel Fignolé, des écrits de Jean Charles Léonce Bernard auteur de quelques articles publiés dans le journal «Le Soir» et d’un ouvrage sur son ami personnel Antoine C. Sainsaricq, de Morny Alcégaire, quoique d’un attachement viscéral à Camp Perrin là où il a grandi, de Danilo Maurice récemment présent à Livres en Folie pour signer un des essais, de James Saint Germain (Pestel en vert et en vers co-auteur avec Danilo Maurice). Leurs textes n’ont la renommée ni d’une œuvre de Claude Pierre ni d’un René Bélance. 


Beaumont a le mérite aussi de voir naître Mérès et Ernst Wesh, deux noms du monde littéraire. Il est aussi la terre de l’écriture. 


Si la littérature n’a pas joué en faveur de Pestel, la fête de la mer, ce grand festival de renommée internationale organisé depuis 1987, est un grand poids dans la balance. 


À présent parlons des potentialités des ces deux zones; Corail oriente sa production vers le riz, les figues bananes, tandis que Pestel dans le temps a eu toute sa réputation comme zone où la production caféière battait son plein. Ce qui a l’affaire de l’économie Pestéloise. 


Le riz de Corail ne bénéficie pas encore toute la batterie de promotion dont on attend de ce produit. Une place de choix du riz de Corail sur le marché serait une grande visibilité pour la zone. C’est peut-être la faible productivité de ce produit qui expliquerait l’absence de son manque de promotion. 


Grâce au café, Pestel a eu  une partie de sa renommée. D’ailleurs, selon ce qui est expliqué, c’est le café qui aurait été à l’origine du peuplement de la commune. Moreau de Saint Méry raconte que le café de Plymouth (Sud de Pestel) très réputé pour sa qualité dans la colonie attira des hommes de couleur de la plaine des Cayes à la recherche de fortune dont Farin et Fourcaud, Lacour plus tard  des noms que voici Jacques et Bernard Goux, Jean Savon, Antoine Romain, Michel Mabilais, Jean-François, Boutinat Desriveaux, Jean Terrasson, Joseph de Beaumont, Pierre Tozia, Jacques Pierre Laclotte, Jean Baptiste et Ambroise Billard, Pierre Jorry-Guiberry, Rey Dupré, Ferrier, Lasalle, Lanaux, Savon de Brémont, Lacomb, Laurent Ménard, Lesseur, Lefèvre, Pierre Lafièvre, Charles Adam, Clément Jeudy, Gelin (habitant de Martinique), Dorvilier, Durocher, Cadet, Jean Cassous.  Ainsi l’on allait assister à la colonisation de toute la zone depuis Plymouth jusqu’à l’embarcadère de Pestel. 


En dépit que les deux communes n’aspirent dans le sens, Pestel et Corail ont besoin de renforcer leurs relations. Elles ont besoin de se constituer un leadership arrondissemental viable dans le domaine politique, agricole, halieutique voire sur le plan de projet éco-touristique pour relancer l’économie de la baie des cayemittes. 


Les familles des deux communes ont pour responsabilité de définir ensemble des priorités pouvant donner un élan à Corail et à Pestel, accusés de retard en termes d’infrastructures. Elles ont trop de couloirs écologiques à vendre, d’une beauté naturelle à mettre en valeur. 


Bref, Si Corail est terre des grands dans la littérature haïtienne, Pestel est le milieu de certains hommes politiques. Notant qu’il est aussi une terre où il y a des personnes qui ont fait succès à l’étranger comme Ralph Gilles, Pestelois d’origine, Azède Jean Pierre.  


James Saint Germain 

jamesstgermain19@yahoo.fr 

Sociologue 










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